Un parfum d’Italie s’installe au Crotoy

«La Dolce Vita» a ouvert ses portes le 12 juillet dernier. 

Plus que l’ouverture d’un nouveau lieu de restauration, c’est une vraie saga familiale que je vais vous retracer, avec au menu dépaysement, amour et tradition…

Pour vous en convaincre, je me dois de faire remonter ce récit bien loin dans le temps et dans l’espace.

Le petit gars d’Amiens sous les drapeaux

Début des années quatre-vingt, Allemagne, plus exactement Trèves. Philippe fait son service national en tant qu’appelé du contingent. Le jeune militaire sort tout juste d’un apprentissage au restaurant «Le Petit Chef», à Amiens, autant dire que la cuisine ça le connaît déjà un peu. Pour le moment c’est surtout le kaki qu’il fréquente. Alors quand il peut s’échapper et profiter de la ville, il ne se fait pas prier.

Et comme tout le monde le sait, Cupidon sort parfois loin de ses bases. 

Rosa, sa future femme vient tout bouleverser. 

Un coup de foudre, un mariage, bientôt deux enfants et un premier restaurant. 

Amiens le retour

Onze ans en Allemagne, et retour en France pour Philippe et toute la petite famille. «La Grappa», première pizzeria qu’ils ouvrent à Amiens à leur arrivée, suivie d’une deuxième affaire. Ces deux pizzerias se font en quelques années une solide réputation auprès des Amiénois.

Nouveau challenge, ouverture d’un bistrot plutôt haut de gamme, à proximité de l’aéroclub d’Amiens. Produits à l’ardoise, qualité et fantaisies culinaires au programme de ces années planantes.

Le bord de mer, nouveau terrain d’aventure

Rosa est du Sud, elle a envie de bord de mer, de son air vivifiant, alors fini les avions! Pourquoi pas Le Crotoy? Ce village où Rosa et Philippe venaient fréquemment se promener lorsqu’ils avaient un peu de temps présentait plusieurs avantages à leurs yeux. D’abord la mer, bien entendu, mais aussi sa taille humaine, sans grand ensemble bétonné. Sensibles tous les deux aux efforts pour préserver ce magnifique cadre naturel, dès qu’ils ont eu l’opportunité d’acquérir un endroit à leur mesure, ils ont sauté sur l’occasion. 

La Dolce Vita pouvait voir le jour.

Une pizzéria, mais pas seulement

Même si dans la famille de Rosa, tout le monde est pizzaïolo de père en fils, la Dolce Vita ne peut pas se résumer à une simple pizzeria. Ici, c’est en premier lieu une douceur de vivre que l’on vient chercher, une qualité de l’accueil, des produits simples et frais, deux terrasses, l’une ombragée, l’autre plus ensoleillé, au choix. Une décoration résolument moderne, rappelant certains bistrots parisiens. Pas non plus trop à la mode, juste un zeste, ce qu’il faut quoi !

Les pizzas y sont succulentes, à l’italienne, ne cherchez pas les compositions abracadabrantes! Pour les chanceux, certains jours, essayez la pizza noire.

La carte d’ouverture, un peu trop fournie aux yeux de Philippe, va se resserrer, et les produits vont rejoindre l’ardoise avec une offre moins large mais qui gagnera encore en qualité. Pour les desserts, optez pour le traditionnel, une pannacotta, ou un tiramisu, histoire de rester de l’autre côté des Alpes.

Rosa, Philippe l’aventure continue

Rosa n’a pas encore décidé: une vieille Fiat 500 ou un triporteur Vespa tout droit venus d’Italie, pour les livraisons? Et puis comme le précise Philippe, ce qui nous a plu dans ce bâtiment, c’est que nous pouvions aussi nous lancer dans des chambres d’hôtes.

Prochaine étape, mais chaque chose en son temps.

En tout cas la vie est douce au Crotoy, épicuriens, La Dolce Vita vous attend.    • F. C.